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Utiliser de la poudre de perlimpinpin

Publié le par Jacques Michaud

 

On devrait utiliser le mot perlimpinpin pour apprendre aux enfants que le "n" des nasales se transforme en "m" devant m, b, p... car on y voit certes "m" devant "p" mais aussi "n" devant "p". Ainsi, on y prouverait que le français est fait de règles et d'exceptions qui confirment la règle. Diantre il n'y a pas que "embonpoint" qui soit tordu (mais lui, pour partie, car son orthographe s'explique aisément par la contraction de en bon point, CQFD). Mon passé de donneur de leçons ressurgit.

Ce soir,  à mon médecin qui me demandait si tout allait bien, je répondis que oui et que j'avais juste seulement mal au dos, la nuit, depuis deux ans, de façon insoutenable mais néanmoins soutenue. Je l'ai un peu heurté d'un humoristique : "et je sais que ça ne vous intéresse pas !". Il a rigolé et m'a dit en plaisantant qu'il faudrait que je prenne un autre rendez-vous. Je déconne bien avec lui, même s'il a systématiquement une heure de retard et qu'il s'en bat les balloches depuis deux ans de mon mal au dos. Il y a des douleurs qu'il faut donc soigner à la poudre de perlimpinpin, c'est-à-dire par la magie ou l'effet placebo, voire la méthode Coué. En attendant le médecin, je lisais justement dans le Point (eh oui !) (1) que la majorité des compléments alimentaires sont inutiles ou dangereux. Il en va de même, sans doute, de tous ces trucs et machins aux plantes plus ou moins efficaces. Donc je n'utiliserai pas pour mon mal au dos de poudre de Perlimpinpin.

J'ai eu la chance de rencontrer récemment une naturopathe (pas psychopathe) qui m'a conseillé le drap de cuivre (une sorte de tapis de cuivre et coton qu'on glisse sous le drap et qui agit en bien sur le mécanisme inflammatoire...Je compléterai ceci par un oreiller en balle d'épeautre et je deviendrai peut-être le roi du pétrole. C’est ce soir que je commence, justement ! Que de hasards concourants pour un con qui marche !

Je vous tiendrai au courant....

 

(1)  Les ravages des gélules miracles, par Violaine de Montclos (sic), Le Point, 25 mars 2010

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Avoir des coliques bâtonneuses

Publié le par Jacques Michaud

 

Selon le Dictionnaire des expressions quotidiennes  (1),  cette locution est attestée dans Bruant (en 1901). Elle signifie tout simplement  (encore que le « simplement » puisse être une gageure pour d’aucuns): avoir une érection. Quelle idée d’aller sur les chemins de la scatologie pour construire une telle expression ? Il est vrai que le sexe et le cul sont dans une telle proximité que leurs intérêts se confondent souvent. Quand j’étais enfant, pour désigner quelque chose de  valeur nulle, on disait : c’est de la merde en bâton. Ce qui est antinomique avec l’expression choisie qui, dans le fond, désigne une forme tout-à-fait satisfaisante.

D’autres expressions très imagées, toujours selon l’opus cité, désignent l’érection masculine (car on sait maintenant que ce n’est pas un pléonasme) :

Avoir le bâton, avoir l’aiguille à midi, marquer midi, être au beau fixe, être au garde-à-vous, hisser les couleurs, l’avoir en l’air, monter la tente, monter le chapiteau, présenter les armes…

Pour mémoire, ce blog faisait récemment la part belle à l’expression dormir sur la béquillequi signale qu’on s’endort sur une érection dans l’impossibilité de trouver un moyen d’en assouvir le désir signalé.

(1)    On va le dire comme ça, Dictionnaire des expressions quotidiennes , de Charles Bernet et Pierre Rézeau, Editions France Loisirs

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Avoir déroulé du câble

Publié le par Jacques Michaud

 

 

Tout comme l'expression « Avoir des heures de vol », la locution avoir déroulé du câble exprime qu'on a roulé sa bosse, qu'on n'est pas un perdreau de l'année, qu'on n’est pas un lapin de six semaines et qu’on n’est pas né de la dernière pluie, bref qu'on a vécu, qu'on est expérimenté et que, éventuellement, ça se voit...à quelques rides ou à cette sorte de blasitude placide et peut-être condescendante, allez savoir, qu’on  a au fond des yeux lorsqu’on regarde (avec une lueur d’envie malgré tout) des plus jeunes s’agiter.

 


yves MONTAND la marie vison
envoyé par poulbot75018. - Regardez plus de clips, e

n HD !

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Etre (un peu) fleur bleue

Publié le par Jacques Michaud


Je me suis longtemps fait gloire de mon romantisme neu neu. Rousseauiste, hugolâtre, entre autres, je me suis souvent coupé et même frustré de plaisirs immédiats pour leur préférer le désir, l'attente, le rêve parfois imbécile.
J'étais fleur bleue, pétri d'un sentimentalisme collant et si je n'étais pas ingénu il m'arrivait d'être naïf.
Souvent, d'ailleurs, les personnes fleur bleue sont aussi des coeurs d'artichaut, qui s'enflamment assez vite pour un visage entrevu et qui se font un monde rêvé avec trois bouts de ficelle et deux bouts de ruban. J'en étais aussi.

L'excellent  site expressio.fr donne l'origine de cette expression :

« Cette expression contient un adjectif composé qui est extrait d'une locution parfois encore employée "cultiver, aimer... la petite fleur bleue".

Dans le langage des fleurs, le bleu pâle exprime une tendresse inavouée, discrète et idéale.

Il faut remonter à 1811 et à une oeuvre du jeune écrivain allemand Novalis, qui était en réalité le baron Friedrich von Hardenberg, pour trouver l'origine de cette expression.
Dans son roman inachevé "Henri d'Ofterdingen" (Novalis est mort à 29 ans), il y évoque à sa manière la légende d'un trouvère médiéval qui, parti à la recherche d'un idéal, découvre la fleur bleue symbole de la poésie.
Les Allemands parlent d'ailleurs de "die blaue Blume der Romantik" ou "la fleur bleue du romantique".

En traversant le Rhin, la fleur bleue a un peu changé de sens, puisque de la poésie, elle a été associée à une sentimentalité mêlée de naïveté. »


image_expressio_copie.jpg


Quant à moi, les Fleurs bleues ne manquent jamais de m'évoquer avec émotion et passion le roman éponyme de Queneau qu'en son temps j'ai essayé de décoder...
Voir ma contribution :
Les Fleurs bleues, de Raymond Queneau

Voir cette superbe animation :


Et puis l'increvable...
Fleur Bleue
envoyé par totomtoma. - Découvrez plus de vidéos créatives.


Georges Brassens - Fleur Bleue (
envoyé par kyssiane. - Regardez d'autres vidéos de musique.

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Déculotter la vieille

Publié le par Jacques Michaud

Le très intéressant Dictionnaire de la Langue du Théâtre  éclaire cette jolie expression qui est somme toute l'exact contraire de Montrer un village Potemkine (cf. infra).
Déculotter la vieille, c'est dans l'argot  des machinistes de théâtre donner à voir au public "ce qu'il ne devrait pas voir. Par exemple quand un électricien envoie un effet trop tôt (...) et que le public est déjà dans la salle (...) quand des parties des cintres sont à découvert". Agnès Pierron n'explique pas vraiment l'utilisation du mot "vieille". On se contentera de supposer que ce qu'il a dans la culotte de la vieille n'est peut-être pas beau à voir.
Je suis très sensible au théâtre à ces erreurs qui parfois rompent le charme d'une pièce (fort heureusement, c'est rare). Le rôle des machinistes ou des régisseurs est donc essentiel pour ne pas perturber le plaisir du spectateur.

Dictionnaire de la Langue du Théâtre, de Agnès Pierron, éditions Le Robert

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Un village Potemkine

Publié le par Jacques Michaud

Le Canard Enchaîné du 17/02/10 utilise cette métaphore pour désigner la méthode utilisée par la cour de Nicolas Sarkozy 1er pour lui éviter de voir et rencontrer ce qui pourrait être déplaisant ou lui causer de la peine. Ainsi, précise le Canard, lors de sa visite en Loir-et-Cher du 09/02/10 il aurait dit avec satisfaction : "personne ne m'a engueulé, tous les gens que j'ai rencontrés étaient très contents de me voir".

Wikipedia indique :

"Les villages Potemkine sont de simples mais luxueuses façades érigées à la demande du ministre russe Potemkine destinées à masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l'impératrice Catherine II en Crimée en 1787. En réalité, il s'agit d'un mythe fabriqué de toutes pièces par Georg Von Helbig, un diplomate saxon qui cherche à décrédibiliser la politique du favori, et qui publie un livre-pamphlet en 1797 dans lequel se trouve le mythe. Potemkine n'a jamais caché le fait que les villages visités étaient apprêtés pour la visite de l'impératrice. Il n'a pas "construit" des villages. On ne peut donc parler d'une tromperie délibérée."

http://fr.wikipedia.org/wiki/Village_Potemkine

Quoi qu'il en soit de la vérité historique ou du mythe, le sens s'est forgé sur le mythe. La méthode du Village Potemkine consiste donc bien à montrer à quelqu'un ce qu'il veut voir et à entendre ce qu'il veut entendre.



Ferrat Jean - Potemkine
envoyé par Salut-les-copains. - Regardez plus de clips, en HD !

Le cuirassé potemkine scène du landau dans les excaliers
envoyé par morlok_502. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

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Etre pris par la patrouille

Publié le par Jacques Michaud

Expression largement utilisée dans un contexte sportif. Etre pris par la patrouille, c'est être pris en flagrant délit de faire une action non autorisée. En premier lieu l'expression s'applique aux sportifs qui se dopent ET qui se font prendre (ce qui est assez rare, finalement). La vidéo des rencontres sportives permet (parfois) de punir les sportifs indélicats. Une fourchette au rugby qui n'a pas été payée cash pendant le match peut l'être devant une commission machinchose sur la foi des vidéos. Autrefois, au rugby, à une époque où la vidéo était vague et imprécise, toute agression était l'objet d'une revanche quasi immédiate plus ou moins visible. On peut penser que les arbitres toléraient une loi du Talion raisonnable...La patrouille, c'étaient les co-équipiers.
Bien entendu l'origine du mot patrouille est militaire. Par conséquent, lors d'une infraction, on peut être pris par la patrouille au sens propre ( deux ou trois chaussettes à clous planqués dans leur Clio) ou au sens figuré quand on se fait choper par un radar.
A propos de radar, quelqu'un connaîtrait-il une expression métaphorique qui le désigne ?

Publié dans métaphore

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