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Chaque pot a son couvercle

Publié le par Jacques Michaud

L'expression construit un proverbe avec une métaphore. L'aphorisme est direct, sec, sentencieux (évidemment,  car point ne me rebute la tautologie).  La maligne trivialité du support (le pot et "son" couvercle) introduit un doux humour : décalage entre l'existentiel ( trouver l'âme soeur, trouver chaussure à son pied, bref trouver l'amour, remplir sa vie vide) face à la quotidienneté de l'objet considéré. Autrefois, les pots et les couvercles étaient tournés à la main, et à la diable. Alors un couvercle était fait par la main du potier pour le pot qu'il venait d'ériger. Et partant, n'importe quel couvercle ne pouvait coiffer dignement n'importe quel pot. CQFD.

Il fut un temps ou le pot de grès, le pot de terre, constituaient l'essentiel d'une vaisselle. Le pot avait une grande importance, c'est sans doute pourquoi un certain nombre de métaphores l'utilisent...

C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleurs soupes (sous-entendu, ce n'est pas parce qu'on est vieux qu'on est disqualifié).

Un pot à tabac : un homme ou une femme courts sur pattes. Métaphore moqueuse qui va s'appliuquer par exemple à Martine Aubry mais pas à Nicolas Sarkozy. Un pot à tabac est doncreplet,  enflé, renflé comme un cul de gourde.

C'est le pot de terre contre le pot de fer (c'est la France d'en bas contre la France d'en haut, par exemple).

Découvrir le pot aux roses (et non découvrir le poteau rose), c'est-à-dire découvrir une vérité qui avait été celée.

C'est le pot au noir (le pot-au-noir est une zone de navigation extrêmement difficile). L'expression désigne quelque chose de confus, de peu explicite. Faites gaffe, on vous bourre le mou ! 

Payer les pots cassés (payer les erreurs, les bêtises).

Etre sourd comme un pot (on aurait pu dire aussi sourd comme un fer à repasser).

En deux (trois) coups de cuiller à pot (faire quelque chose facilement, rapidement).

Avoir du pot (avoir la moule, quoi !).

 

Allez, en suivant ce lien, écoutez l'inénarrable Vincent Malone...

 

http://www.bide-et-musique.com/song/2881.html

 

J'me lève, le matin pot d'chagrin (peau d'chagrin...). J'adore. Pas accessible sur YouTube ni DailyMotion

Publié dans métaphore

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Inaugurer les chrysanthèmes

Publié le par Jacques Michaud

Un mien lecteur, à propos de l'expression avoir la tête près du bonnet (cf. article et commentaires), vise l'autocrate qui chapeaute l'Elysée (avec un bicorne ?), la vie politique et la vie des médias (car on nous les casse (2) à chaque heure du jour depuis des années maintenant...). J'avais fait un article avant les élections de 2007  dans lequel j'espérais que les Français ne seraient pas trop stupides, faute de quoi ce serait dans le cul la balayette...Tout cela n'est certes pas élégant mais je ne me resude jamais une bonne métaphore...

Ce lecteur aimerait donc que le Premier Ministre soit le grand chef en lieu et place du Président de la Rep, et ce faisant, ravale ledit Président à un rôle d'inaugurateur de chrysanthèmes (ainsi que le Général de Gaulle l'avait cerné lors d'une mémorable conférence de presse).  C'est un avis. Mais n'est-ce pas le cas de figure avec le berlusconiquenique ? Le Président italien est une potiche et le président du Conseil des Ministres a le pouvoir. Est-ce une référence ?

 

 

Inaugurer les chrysanthèmes c'est donc ce qu'il reste comme activité principale à celui qui ne détient plus qu' un pouvoir de paccotille, et qui est de fait un Président d'opérette.

 

(1) http://www.linguapop.com/article-10209058.html

(2) Equivalent délicieusement elliptique et socialement presque correct pour "On nous casse les couilles", "on nous casse les bonbons", "on nous les brise menu".

(3) http://www.ina.fr/divertissement/humour/video/I00012497/charles-de-gaulle-inaugurer-les-chrysanthemes.fr.html

Publié dans métaphore

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