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Avoir des oursins dans la poche

Publié le par Jacques Michaud

Cette expression viendra compléter pour désigner la ladrerie et même la lésinerie (1) celle que nous avions rapportée naguère et que XII avait bien voulu illustrer : avoir un portefeuille en peau de hérisson.
Comment en effet iriez-vous chercher quelque thune au fond de votre poche si des oursins y font barrage ?
Molière a fait de son Harpagon dans l'avare un mot commun qui se peut écrire sans majuscule. N'oublions pas non plus ce savoureux nom-composé métaphorique et synonyme d'avare : fesse-mathieu (littéralement d'après Petit Bob: qui fout la fessée à St Matthieu (patron des usuriers) pour en tirer de l'argent.

Avoir un portefeuille en peau de hérisson


(1) Avarices extrêmes

Publié dans métaphore

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Etre bâtie comme une cathédrale

Publié le par Jacques Michaud

Anne-Laure B. nous soumet cette comparaison avec le commentaire suivant :
"expression de gens du bâtiment qui, dans un registre différent,  pourrait être rapprochée, quoique avec une portée plus large, de "plate comme une limande". Façon de dire "une grande perche", "sans airbags."
Je me rappelle que Jean-Pierre L. m'avait déjà communiqué cette expression en la rapprochant plutôt d'un sens de perfection. En effet, une cathédrale, c'est le summum du savoir-faire et parfois même, malgré qu'on en ait (à vos Grévisse !), de la beauté.
Plate comme un limande est une expression déjà ancienne pour ado boutonneux des années 60 associée à certaines variantes telles plate comme une planche à pain, plate comme une planche à repasser (ou directement par métaphore c'est une planche à pain, une planche à repasser).
Il est clair que la métaphorisation avec "airbag" est contemporaine et témoigne de la prodigieuse inventivité de la langue. Je sais que certains esprits chagrins regretteront que ce soit du franglais. Allez, l'interpénétration des langues est un bien (à tous points de vue...) 
Elle a de beaux airbags...
Poétiquement, autrefois, on pouvait dire "elle a de beaux arguments" ou "elle a de beaux avantages". Cela me rappelle que dans le théâtre classique on parlait des "appas" (avec cette orthographe, bien que ce dont on parle soit bien des appâts.
Quant à "la grande perche", elle désigne une personne, homme ou femme, longiligne et très
grande (longue comme un jour sans pain).


N.B. Voir le commentaire de Bruno G.

Publié dans comparaison

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C'est tellement bon qu'on en mangerait sur la tête d'un teigneux

Publié le par Jacques Michaud

Variante : C'est tellement bon qu'on en mangerait sur la tête d'un pouilleux.
Cette expression que nous a communiquée Michel T. n'est pas facilement classable dans l'ensemble des figures rhétoriques ou stylistiques. Je sais, vous allez me dire "on s'en branle ! le principal c'est que ça nous fasse marrer." Certes,le principal c'est l'essentiel (tautologie !)! mais moi, devant une telle expression, je suis comme une poule qui aurait trouvé un couteau et finalement, à y bien regarder, ça me troue le cul de ne pas avoir de réponse absolument claire du côté des sciences du langage même si j'ai quand même l'impression là de sodomiser les mouches. Et j'ajouterai tout de même que votre manque de curiosité me désole et ne m'étonne pas du tout. Quel siècle !
à croire qu'avec BAC+1 vous vous verriez déjà diriger un EPAD !
On peut partiellement parler de métaphore puisqu'en l'occurrence (et c'est vraiment le cas de le dire) "la tête d'un teigneux"(beurk !) se substitue à (on en mangerait) n'importe où (sous-entendu : peu importe dans quelles conditions y compris les plus dégueulasses). Mais par ailleurs, l'introduction d'un quantifiant "tellement bon que" nous amène du côté de la comparaison.

Autre expression contiguë par la notion de propreté vs saleté :
Chez eux,
c'est tellement propre qu'on pourrait manger sur le carrelage.

Publié dans métaphore

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Gueuler au charron

Publié le par Jacques Michaud

Marie-Odile M. nous signale l'expression "gueuler au charron". L'expression a deux sens principaux relativement proches : crier au voleur ou protester, se plaindre avec force, voire même publiquement.
L'origine du mot charron est uniquement et partout décrite comme relative à la fabrication de roues de chars, de carrosses, de charrettes, ce qui ne semble pas une piste cohérente par rapport au contexte. Alors, doit-on mettre en relation charron et "charre" qui, en argot, signale des mensonges ou tromperies ? Je n'en suis pas sûr.
Toi, tu me racontes des charres, tu me racontes des craques.

Sortons le joker et voyons si un zélé zoulou devenu silencieux ces derniers temps ne nous donnerait pas de nouvelles pistes ?

Expressions connexes liées au fait de brailler :
Gueuler comme un veau, gueuler comme un putois, gueler comme si on (vous) égorgeait; gueuler comme un cochon qu'on égorge, hurler au loup


La Fête à Loulou est chantée par Yves Montand

Viens casser la graine
Viens boire un p'tit coup
Viens, y a pas de gêne
On est entre nous
On va s'gondoler
Quand l'chef d'atelier
Fera son discours
Y a la grande Léa
Qu'a une jolie voix
Dans «Plaisir d'amour»

Et si les voisins gueulent au charron
On leur répondra du haut du balcon :
"Oh ! Y a de la joie
On a bien le droit
De faire les fous
Eh, montez chez nous
C'est la fête à Loulou !"

http://www.deezer.com/listen-4299466

Publié dans métaphore

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L'ascenseur social

Publié le par Jacques Michaud

Un grand coup de pied au cul permet de propulser quelqu'un (plus) haut dans l'espace social. Un coup de piston donné par quelqu'un possédant une position élevée dans cet espace social l'aspire tout également du côté de la France d'en-haut. De mauvaises langues vont tout de suite y voir un lien avec l'actualité de Jeannot Lapin. Il est vrai que Petit Jean commençait à végéter. Et que le département où il se traîne manque de bras et d'intelligences supérieures.
Je suis fier de vivre dans un pays où l'ascenseur social permet à tout un chacun  de s'extraire d'une multitude pour accéder à des situations élevées. Fort heureusement, c'est ça la revanche de la République sur un système monarchique où il suffisait d'être bien né pour ne pas à avoir à attendre le nombre des années.

Publié dans métaphore

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Faire banquette

Publié le par Jacques Michaud

Dans les années 50-60 - et avant bien sûr- , danser ne pouvait être un acte solitaire : il s'agissait d'une affaire de couple, presque exclusivement. C'était avant le jerk, et bien avant l'électro ou la tectonique. A l'époque, on dansait lors de bals (bals populaires, bals parquets, soirées), la plupart du temps au son de l'accordéon. Les garçons seuls ne pouvaient danser que si une fille répondait à leur invitation (sans faire la mijaurée) et les filles seules, elles, ne dansaient que si un garçon les invitait. Comme bien souvent, le garçon seul jouait sa réputation sur ces soirées, les filles moins jolies ou un peu nunuches avaient moins de chances d'être invitées et elles pouvaient passer leur soirée sur les banquettes. J'en ai vu, j'avais de la peine pour elles, mais je jouais moi aussi ma réputation. Et puis j'étais un pezu timide aussi.
L'expression faire banquette est aujourd'hui utilisée - à juste titre - pour les joueurs de foot qui, éternels remplaçants, restent toujours sur le fameux banc des remplaçants.
Par extension, faire banquette signifie ne pas participer parce qu'on n'y est pas invité. La nuance de rejet qui l'accompagne fait penser à la fameuse mise au ban (de mettre au ban), qui issue de bannir, signifie être mis à l'écart, être rejeté, être exclu.

Publié dans métaphore

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Redémarrer le four chaud

Publié le par Jacques Michaud

Merci à James M. pour cette expression apportée sur un plateau et en trinquant à la bonne santé de Pierre et Paul (et Cie) qui, comme chacun sait, étaient des fameux apôtres, sans doute des saintes nitouches (les saintes n'y touchent), et qui, à coup sûr, évitaient de faire le jacques parce que le barbu prophète en son pays, ce beau jésus, un vrai dieu, les aurait menacés de ne pas les laisser entrer au Paradis, que le Paradis ils ne pensaient qu'à ça.
Vous remarquerez à quel point je maîtrise les digressions puisque je n'ai nullement besoin de commencer mon sujet avant de digresser. Je digresse d'abord, ce qui fait que le sujet digresse par rapport à la digression ! (et là mon index tourne autour de ma tempe comme celui de Perceval dans le trop fameux Kameloot (enfin la série va reprendre à la télé, je suis fan !)). Fermez les parenthèses.
Ores doncques (comme dit Christine qui peut-être l'écrirait autrement), cette expression qui n'a rien de sexuel mais qui l'eût pu avoir (quelque chose de sexuel !) évoque cette bien vivance qui consiste à se murger sévère, au cours d'une nuit pleine de verres pleins et de regards vides et à repartir par exemple au petit blanc ou à la bière dès potron-jacquet. Ainsi, le four métaphorique n'a pas eu le temps de refroidir.
J'avais en son temps noté l'expression à moi offerte par René B. "rallumer la chaudière" (cf.archives) qui évoque le besoin qu'on a, un lendemain d'excès alcoolique, de boire à nouveau de l'alcool pour être en forme (on sait évidemment que le corps, après une cuite -et donc un excès de sucre- se retrouve en manque : en hypoglycémie. Quoi de mieux alors que de reprendre du sucre sous forme alcoolique,  donc de rallumer la chaudière ?)
James qui s'y connaît m'a illustré le bidule en évoquant les gaziers (ceux qui fabriquaient autrefois jadis naguère) le gaz de ville en enfournant du coke dans les fours. Je te parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Ils avaient chaud au cul. Ils avaient chaud partout. Ils étaient bien obligés de boire. A de certaines époques, l'eau était suspecte : on lui préférait le pinard. Ainsi, on redémarrait le four chaud.
C'est clair ?

Publié dans métaphore

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Pendre quelqu'un à un croc de boucher

Publié le par Jacques Michaud

Si cette expression semble avoir été remise au goût du jour par un certain Nicolas Sarkozy, selon les informations données par le Canard Enchaîné depuis belle lurette et rappelées cette semaine à propos du fameux procès Clearstream (1), elle existe depuis longtemps. Et je l'ai bien souvent entendue à défaut de l'avoir utilisée car je ne suis nullement vindicatif. Autrefois, pendre quelqu'un (vivant bien sûr) à un croc de boucher pouvait représenter le summum de la violence du bourreau (en l'occurrence un tortionnaire) et le summum de la souffrance de la victime. Dans le contexte du procès qui vient de s'ouvrir, l'aspect métaphorique de l'expression est renforcé car évidemment toute violence physique même la plus minime à l'égard des prévenus est rigoureusement exclue. L'expression garde toutefois un fort relent de vengeance. C'est sans doute ce qui en restera de plus prégnant.

(1) Clearstream Sarko a promis de pendre Villepin à un croc de boucher.
C'est règlement de comptes à OK Charal !
Le Canard Enchaîné, n°4639, 23/09/09

Post-scriptum
Le Nouvel Observateur, n°2341, du 17-09-09 publie ce dessin de Wiaz
        

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