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Avoir les yeux en lettre de faire-part

Publié le par Jacques Michaud

Expression relevée dans Pour tout l'or des mots, de Claude Gagnière, Bouquins, Robert Laffont

Ce demain, après un réveillon peut-être bien arrosé, beaucoup d'entre nous auront les yeux en lettre de faire-part, c'est-à-dire les yeux cernés de fatigue, voire pochés. On peut supposer que l'explication réside dans ces avis de décès qui étaient envoyés ou publiés autrefois et qui comportaient un liseré noir pour exprimer le deuil.
Pour ceux qui auront abusé de la boisson, ne pas oublier qu'il vaut mieux soit redémarrer le four chaud, soit rallumer la chaudière (cf.archives).


Les mains dans les poches sous les yeux par Yvan Dautin


Publié dans métaphore

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Faire un effet boeuf

Publié le par Jacques Michaud


Julien Clerc se demande où vont les avions quand ils s'envolent et moi je me demande comment naissent certaines expressions imagées et métaphoriques. Comme je suis un homme pressé, je ne cherche pas les origines et les tralalas pendant des plombes (il faut que ça vienne tout de suite ou que ça dise pourquoi). De plus, les gloses et exhumations (des autres !) sont parfois fumeuses et sujettes à caution (ce qui m'arrange bien puisque d'authentiques vérités il n'y a pas ou il y a peu, pourquoi y serais-je moi-même obligé ?).
Je voudrais bien vous donner les origines des expressions mais j'ai toujours un peu de mal à me retourner et à regarder derrière ( toutefois j'aime beaucoup regarder des derrières !). Suis-je la réincarnation d'un cheval pour ne regarder que droit devant (mais avec des oeillères, bien sûr, faites-moi le crédit de croire que je ne m'y crois pas)  ? 
Qu'on ne s'y trompe pas, ce blog est bien tourné vers une langue en action, c'est-à-dire une langue qui est douée (dotée) d'un sens. Je ne nie pas l'intérêt pour la recherche philologique mais je ne peux l'assumer. Je suis bien d'ailleurs à la recherche d'un alter ego sérieux qui ferait ce boulot de terrassier de la langue pendant que moi je divaguerais dans les herbes folles du terrain vague des métaphores qui jouxte le cimetière des expressions perdutes. 
Les statistiques me montrent que ce blog est lu par de nombreux étrangers qui approchent notre langue par son aspect populaire et sa poésie vulgaire (au sens latin du vulgus). Et eux s'en battent les couilles de savoir d'où vient l'expression. Ce qu'ils veulent c'est savoir ce qu'elle veut dire.
Ce vaste préambule pour vous amener à admettre que je ne trouve pas d'origine à l'expression : faire un effet boeuf. Dans ces cas-là, j'appelle à mon secours un zélé zoulou qui me trouve toujours des pistes dégagées.

Faire un effet boeuf, c'est faire un très gros effet, un énorme effet , à quelqu'un. C'est très souvent lié à la séduction inter-sexuelle (bon, ben là, je parle pour moi). Faire un effet boeuf, c'est potentiellement être capable de générer des coups de foudre. Pourtant le boeuf est légèrement assexué ! je n'y comprends décidément rien.

Par ailleurs, pour moi qui aime participer à des boeufs (et là on ne prononce pas des "beux", excusez, je n'ai pas l'écriture phonétique sur mon computeur), je me suis intéressé à cette explication issue de Wikipedia


"L'expression française « faire un bœuf » vient du restaurant Le Bœuf sur le toit, situé 28 rue Boissy d'Anglas dans le 8ème arrondissement à Paris. Ce restaurant était le lieu de rassemblement de Jean Cocteau et des musiciens proches des Six. C'est là que débutèrent notamment Léo Ferré, Marcel Mouloudji, Charles Trénet ou encore les Frères Jacques. Au début du XXe siècle, les musiciens allaient en fin de soirée s'y rencontrer pour pratiquer ensemble de longues jam sessions, qu'ils finirent par désigner par l'expression « faire un bœuf ».

Une jam session (littéralement « session d'improvisation » en anglais) est une séance musicale improvisée, basée sur des standards lorsqu'il s'agit de jazz et à laquelle peuvent se joindre différents musiciens. On dit alors que l'on fait une jam. On utilise parfois le terme « bœuf » en français : « faire le bœuf », « taper le bœuf » ou encore « bœuffer ».

Le terme jam est généralement utilisé pour le jazz, le Hip Hop et le reggae. Pour le rock, on parlera plus volontiers de bœuf, alors que les musiciens cubains, de jazz latin et de salsa parlent plutôt de descarga (« décharge »).


Publié dans métaphore

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Point barre / Point à la ligne

Publié le par Jacques Michaud

Point barre
Point à la ligne

Le statut métaphorique de ces deux expressions strictement équivalentes est singulier : point barre ou point à la ligne substituent une image graphique (au clavier de l'ordinateur un point avec une barre "slash" voire une double barre ou bien un point avec un renvoi à la ligne pour créer un nouvel alinéa ou paragraphe).
C'est l'expression imagée de la clôture unilatérale d'une discussion. Cela veut dire, "c'est comme ça, je ne changerai pas d'avis. Il est inutile de discuter".
Voilà donc des expressions qui m'exaspèrent. Qu'un interlocuteur puisse décider de clore toute discussion par une déclaration péremptoire me paraît toujours un aveu de faiblesse...et ne me lie en aucune façon./
Point barre !

Publié dans métaphore

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