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Avoir marché sur une pointe rouillée

Publié le par Jacques Michaud

Anne-laure B. se pique au jeu et en tout cas, elle a bien mordu à l'hameçon de ce blog. Elle nous propose cette délicieuse expression "entendue le week-end dernier (en Dordogne toujours) : (...) Bon, là, j'avoue, je n'ai pas compris. Elle s'est fâchée ? Elle s'est fait mal ? Non : elle est enceinte "jusqu'aux dents".

Chez nous (sur les bords de Loire entre Beauce et Sologne), la variante est minime car on utilise l'expression : être tombée sur un clou rouillé, qui a strictement le même sens : "tomber" enceinte. J'avoue que le "tomber" me ravit et me fait rire à chaque fois tant il est utilisé par certains sans prêter à ce "tomber" toute sa mesure de fatalité, bonne ou mauvaise fortune, hasard. Tout comme on tombe sur le mauvais (ou le bon) numéro.
Variante aussi de "enceinte jusqu'aux dents" : enceinte jusqu'aux yeux. Une autre expression que j'utilise affectueusement à l'égard des femmes tellement heureuses d'annoncer leur grossesse presque avant que ce soit raisonnable : "elle est enceinte d'un quart d'heure". Joli, non ?
En son temps on a pu évoquer de beaucoup plus triviales expressions telles que "avoir un polichinelle dans le tiroir/placard ou encore : avoir un pain au four...
Allez, peut-être avez-vous d'autres ressources ?

Publié dans métaphore

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Ca ferait pisser un chat par la patte

Publié le par Jacques Michaud

Voilà une expression étrange, si improbable qu'elle en tire (de son improbabilité (je dis ça au cas où il faudrait vous mettre les points sur les i)) (remarquez que j'ai fermé la double parenthèse : il est vrai que je vous ménage !) sa véracité populaire (le gros bordel dans la phase, c'est fait exprès : j'aime bien foutre la merde).
Merci à DLC pour cet apport ponctuel et rare qui mérite d'être amplifié, car l'homme, je le sais, a de la ressource en matière langagière.
Cela, donc, signifie qu'un mets qu'on ingurgite est très amer.
"Amer comme la suie, amer comme chicotin", dit aussi Little Bob que je m'en suis allé convoquer in petto. Mais point de chat qui pisse au coin du dictionnaire, évidemment : le dictionnaire des expressions du langage populaire reste à faire.
J'avais en son temps noté l'expression "dur comme chicotin", expression populaire erronée mais que j'avais entendue et donc respectée comme fait de langue. Car vous l'avez compris, j'aime l'erreur tout autant que la vérité.
Le chicotin est un suc extrait de l'aloès. Il confirme donc la comparaison signifiant l'amertume et infirme l'autre.

Publié dans métaphore

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Faire les fonds de cuve

Publié le par Jacques Michaud

Je crois pouvoir décerner le prix du chroniqueur politique le plus métaphorique, à Thomas Legrand, de France Inter, qui outre l'acuité critique, utilise abondamment et fréquemment des expressions imagées. En terme économique, faire les fonds de cuve, c'est gratter tout ce qu'on peut gratter dans une situation donnée (je ne sais plus vraiment de quoi il parlait).
Peut-être pourrait-on renvoyer à cette autre jolie expression : retourner ses poches , juste avant de devenir raide comme un passe-lacet.

Publié dans métaphore

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Faire silence radio

Publié le par Jacques Michaud

Bien entendu, dès qu'un Airbus ne répond plus ou n'émet plus sur sa fréquence, on est dans le silence radio au sens propre. Le silence radio du vol Rio-Paris a tout de suite été considéré comme inquiétant. A juste titre.
En revanche, en langue populaire, le silence radio est un silence généralement volontaire et assumé, chargé de sens. Le silence radio des gouvernements empêtrés dans leurs impossibilités de prendre position, rapidement, sur la manière dont sont bafoués les droits de l'homme dans la crise iranienne.
Moi, en ce moment, par exemple, devant certaines injonctions, devant les inepties et les mauvaises fois, j'ai très souvent envie de faire silence radio.

Publié dans métaphore

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Etre capable de dire bonjour à un chien jaune coiffé d'un chapeau

Publié le par Jacques Michaud

Merci Benn pour cette intéressante expression, frais (1) émoulue de la petite chaîne qui monte (M6) et non pas de la grande chaîne qui descend (TF1) (le Canard Enchaîné dixit). Ca sent sa création inopinée (mais contente quand même !) et cet état de langue nous intéresse évidemment.
Elle (la meuf du titre) est donc sociable, avenante, prête à parler à n'importe qui, un peu comme si elle ne voyait rien de rebutant chez qui que ce soit. C'est la définition même de la générosité, à ceci près que celle dont on parle se fait plaisir en parlant. Son besoin d'aller vers l'autre est limite pathos. J'exagère.
En tout cas, moi, je fuis le truc. On va encore dire que je suis au bord de la misanthropie. OK, si vous voulez.
Ceci dit, je vais vous avouer un truc, quand je suis en société et que je ne sais trop quoi dire, je repère les bavards aux chiens jaunes, je les branche, je les écoute en picolant.
Chacun sa merde !

(1) Pour les empêchés de l'orthographe qui seraient trop contents de croire que j'ai fait une faute : frais ne peut être qu'un adverbe (par conséquent invariable). Essscusez, je peux pas m'en empêcher !

Publié dans métaphore

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Un comité Théodule

Publié le par Jacques Michaud

Merci à Djipi pour cette expression un peu retorse puisqu'elle ne se comprend ou ne se devine que par son contexte d'utilisation. C'est donc un exemple très instructif de la manière dont se fait la plupart du temps l'apprentissage de la langue : par le contexte et sans dictionnaire, mais avec toutefois les risques de non-sens qui peuvent en découler. Djipi avait même visé juste, en attribuant à de Gaulle l'origine de cette expression. Voici ce qu'en dit d'ailleurs Wikipedia.

"L'expression comité Théodule est une authentique création gaullienne : « L'essentiel pour moi, ce n'est pas ce que peuvent penser le comité Gustave, le comité Théodule ou le comité Hippolyte, c'est ce que veut le pays. J'ai conscience de l'avoir discerné depuis vingt-cinq ans. Je suis résolu, puisque j'en ai encore la force, à continuer de le faire. » (
Charles de Gaulle, lors d'un voyage à Orange, 25 septembre 1963[2])

Depuis l'expression a fait florès, et on appelle comité Théodule un comité, ou une commission qui n'a d'autre utilité que d'enterrer tranquillement une affaire."


De fait l'équivalent de cette expression serait : le comité machin chose. De Gaulle n'avait-il pas justement qualifié l'ONU de "machin" ?
Mais pourquoi ne parle-t-on pas de comité Gustave ou de comité Hippolyte ? Choix prosodique ?

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Se faire plomber

Publié le par Jacques Michaud

Jadis et jusqu'à naguère, j'imaginais que se faire plomber, c'était se prendre une volée de plomb, une baltos, se faire canarder, quoi ! Mais, j'ignorais, tel l'enfant qui vient de naître, que de fait, dans la langue populaire, cela signifiait "se faire refiler une chtouille ou pour parler corrèque une MST" (j'avoue que ma naturelle timidité et toute ma complexitude m'ont mis à l'abri des chaudes-pisses et autres maladies qui font pisser des lames de rasoir).
Et de qui je l'apprends (revoir le début si vous manquez de mémoire immédiate) ? d'un certain Gilou le Flahute (je vous cache pas que je préfère vraiment son vrai nom (que je ne vous dirai pas), car comme vous l'avez subodoré (San A. aimait bien ce mot (1)), il s'agit d'un faux-nez (un faux blaze comme dirait San Antonio et comme aurait dit Frédéric Dard que ce Gilou vénère au point de se faire préfacer par le fils d'icelui qui publie des romans inspirés que j'avoue je n'ai point (encore ?) lus). Brèfle, comme dirait Béru, ce Gilou a publié un recueil de grilles (voir colonne de gauche) et dans sa grande bonté, il m'autorise à publier quelques grilles libres de droits (ouf!) que je souhaite mettre à la disposition de votre proverbiale et silencieuse sagacité. Ne vous comportez pas comme des nazes (1), essayez, écrivez-nous ! La solution dans un délai raisonnable, disons, le 36 du mois ?

(1) Gilou, le mec dont auquel je vous causais m'a appris un autre truc (et apparemment il est bien renseigné (ça m'en fait un deuxième avec zulunation (là je parle pour les habitués, ça se mérite !)) )et je ferme la triple parenthèse ! Donc, Gilou m'a appris que le mot être nase ou naze (moi j'acris toujours naze, ça fait plus kéké) signifie être contaminé par une MST.

(2) Ce que Gilou ne sait sûrement pas, c'est que j'ai lu toute l'oeuvre de Frédéric Dard (ça fait déjà lontemps). Selon quoi, il n'y a pas de hasard !

Voici donc la grille du Flahute :

 

 

1

2

3

4

5

6

7

8

9

I

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II

 

 

 

 

 

 

 

 

 

III

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IV

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VII

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VIII

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HORIZONTALEMENT

 

I          Ne valent pas un coup de cidre

II         Peinard

III       Mis au bigne

IV       A pattes, c'est un basset

V         Un drôle de culot. Détenus

VI       Ont des relents de cambrousse

VII      A son pont à Paname. Personnel

VIII    Tout le saint-frusquin. Un précurseur de la bonne ferte      

IX       A les mêmes activités que le ferrailleur

 

VERTICALEMENT

 

1          Petites limaces nocturnes, nullement nuisibles

2          S'est fait plomber, mais pas par le dentiste

3          Peut fort bien s'exprimer en jars

4          Jonc qui laisse le truand indifférent

5          Mauvais poil

6          Symbolisent la robustesse. En Moldavie

7          Hausser le ton. Lorgne

8          Escroque

9          Lessiveuses qui assurent un parfait nettoyage. Fin de participe peu banale

 

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S'entendre comme larrons en foire

Publié le par Jacques Michaud

Les larrons les plus connus sont le bon larron - qui devait être à dextre, je suppose- et le mauvais larron-lui à senestre- qui ont accompagné la crucifixion et la mort du Christ (selon, bien sûr, les Evangiles qui ne sont pas parole d'évangile pour tout le monde). Sauf qu'on ne dit jamais qu'eux aussi se sont pris un grand bout de ferraille au travers du buffet (mais je crois qu'ils n'ont pas connu l'éponge vinaigrée, c'est toujours ça ! on a les joies qu'on peut.).
Essayez donc de mourir le même jour que quelqu'un de célèbre : on vous oublie carrément. Jean Cocteau, qui n'était pas un inconnu a eu le tort de mourir le même jour que sa copine Edith Piaf. Tac ! Edith a eu la vedette et lui a fait les pages intérieures ! C'est vrai qu'il chantait vachement moins bien Jean Cocteau.
La racine latine "latro" a donné aussi "ladron"  en espagnol (accent tonique et graphique sur le on, désolé, mon ordinateur ne connaît pas la Guardia Civil, je veux dire la police espagnole, c'est malin !). Un larron, c'est donc un brigand, un voleur, une racaille quoi !
S'entendre comme larrons en foire, c'est donc pour deux ou plusieurs personnes être dans une pleine complicité pour vivre une aventure un peu en marge ou accomplir toutes sortes de méfaits que la société est censée leur pardonner car ils accomplissent des forfaits qui les font rire et qui, normalement, si tout va bien, doivent faire rire les autres...
La particularité des larrons en foire est leur certitude d'être les meilleurs et par conséquent d'être garanti dans une certaine invulnérabilité...Je m'y connais.

Publié dans métaphore

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Ne plus avoir mal aux dents

Publié le par Jacques Michaud

Anne-Laure B. (bienvenue) nous propose cette métaphore contextualisée : "à propos d'un aménagement qui était assez ancien dans une maison, quelqu'un a dit : "celui qui a fait ça, il y a longtemps qu'il n'a plus mal aux dents".
J'ai déjà eu l'occasion de mettre en évidence l'aspect socio-linguistique de la métaphore qui, sous couvert d'humour ou de poésie, permet de ne pas énoncer, de ne pas prononcer certains mots tabous comme : il est mort depuis longtemps (1).
Anne-Laure se demande si l'expression qu'elle a relevée est locale (dans son cas : la Dordogne). Non, ici sur les bords de Loire, entre Beauce et Sologne, j'ai entendu moi aussi cette expression.
Rien ne vous empêche de me proposer de nouvelles occurrences mais vous pouvez en trouver tout au long des 770 articles de ce blog (avoir un costume en sapin, passer l'arme à gauche, avaler son bulletin de naissance, manger les pissenlits par la racine, passer de l'autre côté du miroir, etc.). 


(1) On retrouve un fonctionnement similaire de dérivation des tabous dans les nombreuses métaphores sexuelles comme par exemple, descendre à la cave (pour faire l'amour).
 

Publié dans métaphore

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Avoir le temps de tuer un âne à coups de casquette

Publié le par Jacques Michaud

Communiqué par Benestel :
"...entendu dans 'vis ma vie'(1). C'était un chef cuisinier de la région auxerroise qui sortait ça à Nikos Alliagas (2) qui mettait dix plombes à faire je sais plus quoi (3).

Il faut bien dire qu'une métaphore de ce genre montre la créativité sans limite du populo. On imagine assez bien qu'elle ait pu être inventée au pays de Daudet...ou dans le Poitou...là où les ânes ont marqué peut-être plus qu'ailleurs l'imagerie locale.
Mais tuer un âne à coup de casquette a quelque chose de surréaliste au vrai sens artistique du terme.



(1) Emission de TF1 que, évidemment, personne ne regarde
(2) Célèbre animateur de la Star Academy que, évidemment, personne ne regarde
(3) Comme je le connais, il devait pas en branler une

Publié dans métaphore

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