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Passer l'arme à gauche

Publié le par Jacques Michaud

C'est "drôle" que je pense à ça justement, aujourd'hui, le jour des chrysanthèmes. Il y a un peu plus d'un an, un copain d'un autre temps, un peu oublié depuis quelques années, a eu la mauvaise idée de mourir après ce que, par litote, on appelle une longue maladie (même quand elle ne dure pas longtemps). Ce vieil anar (cliché), antimilitariste (pléonasme) aurait sans doute préféré que j'use d'une autre expression pour qualifier son départ en voyage : passer de l'autre côté du miroir (behind the curtain pour les anglo-saxons), enfiler un pardessus en sapin, manger les pissenlits par la racine, casser sa pipe, etc.

 

Claude Duneton date cette expression du début du XIXè siècle : elle "vient du maniement des armes, où la position "Repos !" se prenait avec le fusil au pied gauche". Repos comme repos éternel, donc.

 

Pour le site : www.mon-expression.info/passer-l-arme-a-gauche, il y a deux explications possibles (largement appuyées sur celles de Duneton...mais sans rendre à César ce qui est à César...: ) :

 

  1. Au Moyen Âge, les écus de deux familles étaient accolées lors d’une union pour former un nouveau blason. Les armes de l’époux étaient à droite et celles de l’épouse à gauche. Mais à la mort de son époux, la femme transférait les armes de ce dernier du côté gauche et entourait l’écu d’une cordelière. Cependant cette explication ne semble pas remporter les suffrages.
  2. L’explication suivante est sans nul doute la plus vraisemblable.

Cette expression daterait du XIXe siècle où la position de repos du militaire se prenait la crosse de l’arme posée au niveau du pied gauche. (G. Esnault cite pour 1833:L’inspecteur de la charge en douze temps nous tenait trop longtemps avant de nous faire passer l’arme à gauche… l’avant-bras me faisait mal.)

En effet tout dans l’expression “passer l’arme à gauche” signifie la mort:

  • “Passer” qui rappelle les mots “trépasser” et “trépas”.
  • “arme”, évidemment directement liée à la mort de par sa fonction.
  • “à gauche” qui remplace vers le XVe siècle le mot “senestre” d’origine latine -”senester”- et qui signifiait “sinistre”. “A gauche” a donc une forte connotation de malchance, de mal-fait, de mal tourné…ne dit-on pas de quelqu’un qu’il a l’esprit gauche lorsqu’on le dit simplet, qu’il a deux mains gauches s’il est maladroit ou qu’il s’est levé du pied gauche s’il est de mauvaise humeur?

En outre le fait de prendre le repos en posant son arme à sa gauche est, pour un soldat droitier, une exposition à la mort… Il lui est alors difficile de la reprendre pour se défendre et, se trouvant vulnérable, est à la merci d’un “repos éternel”.

 

RIP bros !

Publié dans métaphore

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Aller se brosser

Publié le par Jacques Michaud

En termes triviaux, c'est aller se faire voir ou alors aller se faire foutre quand on a une demande, un désir et qu'on s'y voit opposer une fin de non recevoir.
Va te brosser ou mieux encore tu peux (aller) te brosser...
Mon Solognot de père avait une expression bizarre, un peu mal gaulée : "tu peux toujours vas-y" (pour tu peux toujours y aller).
En fait, tout le contraire de "passer la brosse à reluire", qui signale un fayotage éhonté, évidemment dans le but d'obtenir un avantage ou de la considération. J'avais signalé en son temps une expression connexe : "passer la main dans le dos" à propos d'un sbire fayot et portefaix d'une apparence de pouvoir. J'ai entendu le Raminagrobis caressé dans le dos utiliser cette expression voisine (frotter le dos).

Publié dans métaphore

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QUATRE BOULES DE CUIR

Publié le par Jacques Michaud

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Mettre la poussière sous le tapis

Publié le par Jacques Michaud

Expression relevée dans Le Canard Enchaîné du 12 août 09, à propos de la crise sur les remboursements de primes indûment (semble-t-il) versées à certains agriculteurs. Mettre la poussière sous le tapis, c'est refuser d'affronter un problème qui risque de se révéler plus grave, mais plus tard. C'est donc l'apanage de gens timorés, manquant d'esprit décisif qui remettent à plus tard ce qu'ils pourraient faire le jour-même ou tout simplement ignares et donc incapables de mesurer qu'ils viennent d'allumer une mèche à combustion lente.
Se prendre les pieds dans le tapis, c'est faire une très grosse gaffe ou un beau ratage dans n'importe quel domaine. Evidemment, au sens propre, quand on se prend les pieds dans le tapis, on se casse la gueule. La déduction figurée est évidente ("prégnante" pour les intellos!)
Mettre au tapis, c'est vaincre quelqu'un sans contestation possible. Expression évidemment issue du vocabulaire pugilistique...

http://www.deezer.com/listen-2503470

Publié dans métaphore

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