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Se tailler des pipes un autre jour

Publié le par Jacques Michaud

 

Cité dans le blog Ma vie sans moi, un blog du quotidien plutôt agréable à lire.

 

Dans les entreprises performantes ou ailleurs, "On se taillera des pipes un autre jour" indique qu'on n'a pas le temps de discuter aujourd'hui et qu'on le fera plus tard...On a pu voir dans un article précédent que la métaphore est utilisée pour armer les cadres et les commerciaux dans l'exercice de leur divine mission de faire gagner du temps et du pognon à leur entreprise.

Dans l'article de Ma vie sans moi et son forum assez riche, on constate que les femmes apprécient la langue peu châtiée et savent aussi se payer la tronche de leurs collègues qui utilisent la langue de bois.

Par exemple, dans le forum une certaine Ingrid à plumes dit :   " Ah ça me manque le bureau, pour toute la richesse langagière !! et aussi, ces idiomes développés par chaque entreprise, chaque secteur d'activité, au point que dans certaines boîtes on joue au "bullshit bingo" pendant les réunions, on a une grille avec des mots genre "synergie" "usine à gaz" "inventaire à la prévert" qu'il faut cocher quand qqun les prononce..."

Allez donc voir cet article. En attendant, j'en sors un petit florilège :

 

Allez, on se sort les doigts du cul ! pour dire "on se dépêche !"

J'en mettrais mon clitoris sur le billot pour "J'en donnerais ma tête à couper".

Faire cinq litres d'huile avec une noisette dans le cul pour "avoir très peur" (serrer les fesses, donc)

Ca paye sa chatte pour c'est super beau (ou bon ?)

 

"Perdre ses légumes" pour rire tellement qu'on en perd ses organes (à rapprocher de l'expression perdre ses écailles récemment citée)

 

et bien sûr aussi l'ineffable "Y a pas à tortiller du cul pour chier droit" pour c'est pas la peine de chercher des complications, faut y aller !

chier-droit-tortiller-metaphora-blog.jpg

Publié dans métaphore

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En perdre ses écailles

Publié le par Jacques Michaud

Je ne sais pas où elle est allée pêcher cette expression Maléna (ma petite fille) mais en tout cas, c'était la première fois que je l'entendais...Peut-être que, finalement, les cours d'écoles aussi contribuent à créer du langage. Si d'ailleurs des lecteurs ont d'autres mots d'enfants de ce type, qu'ils ne se gênent pas.

Le "en" pronom a son importance puisqu'il indique la causalité (ce qui provoque la perte des écailles).

Le contexte d'utilisation est celui d'un stress particulier comme la chaleur ("Il fait tellement chaud. J'en perds mes écailles" a-t-elle dit. Une forme de peur peut aussi amener à prononcer cette expression.

Publié dans métaphore

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Comme la grenouille cuite à petit feu et autres histoires métaphoriques

Publié le par Jacques Michaud

 

 

Apparemment la grenouille se prête volontiers au transfert métaphorique; allez donc savoir pourquoi elle, justement, la grenouille, puisque dans chacune des histoires qui suivent, elle pourrait être remplacée par un tout autre animal. L'utilisation du terme "métaphorique" est ici mal adapté; il vaudrait mieux recourir au terme de "parabolique" ou "allégorique" ou encore "fabuleux". Toutefois comme l'histoire suppose un déplacement de sens, il est normal qu'on la rapproche de la métaphore (comme métonymie).

 

Olivier Clerc  raconte l'histoire suivante :

 

"Imaginez une marmite remplie d’eau froide, dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L’eau se chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. La température commence à grimper. L’eau est chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille ; ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant. L’eau est maintenant vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température de l’eau va ainsi monter jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s’être extraite de la marmite.

Plongée dans une marmite à 50°, la grenouille donnerait immédiatement un coup de pattes salutaire et se retrouverait dehors.


Cette expérience (que je ne recommande pas) est riche d’enseignements. Elle montre que lorsqu’un changement négatif s’effectue de manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps pas de réaction, pas d’opposition, pas de révolte."

Cf.

Présentation de La Grenouille qui ne savait pas [11/04/2006]
…qu'elle était cuite", O. Clerc, Editions JC Lattès, nov. 2005. 216 pages. 10 euros.

Moi je dis qu'aujourd'hui -socialement- on se comporte comme la grenouille qui cuit progressivement...Vous voyez ce que je veux dire ? Mais on peut dire aussi édans le cul la balayette" ou encore "renflé comme un cul de gourde"

Autre histoire (utilisée comme support de formation en management d'entreprise). Déjà le barbu christique utilisait des paraboles pour éclairer les esprits lents ou limités.

 

La course des grenouilles

 

"Il était une fois une course... de grenouilles.
L’objectif était d’arriver en haut d’une grande tour.
Beaucoup de gens se rassemblèrent pour les voir et les soutenir. La course commença.
En fait, les gens ne croyaient pas possible que les grenouilles atteignent la cime et toutes les phrases que l’on entendit furent de ce genre :
« Inutile ! ! !
Elles n’y arriveront jamais ! »
Les grenouilles commencèrent peu à peu à se décourager. Les gens continuaient :
« Vraiment pas la peine ! ! !
Complètement stupide ! ! !
Elles n’y arriveront jamais ! ... »
Petit à petit, elles s’avouèrent vaincues. A la fin, toutes abandonnèrent, sauf une qui continuait envers et contre tout...
Cette grenouille, seule, rejoignit la cime.

 

 

Les autres, stupéfaites, voulurent savoir comment elle avait fait. Alors l’une d’entre elles s’approcha pour lui demander comment elle avait fait pour terminer l’épreuve.

 


Et elle découvrit qu’elle... était sourde ! "

 

 La grenouille montée sur une échelle symbolise -elle- la météo.



Voir aussi les deux fables de La Fontaine :

Les grenouilles qui demandent un roi

La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf





Publié dans métaphore

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Etre peigné comme un dessous de bras

Publié le par Jacques Michaud

Equivalent : Etre coiffé comme un dessous de bras.

C'est vrai, dès lors qu'on est en vacances, on traînaille le matin, on passe à la douche un peu plus tard qu'à l'ordinaire et, bien sûr, si on ne s'est pas peigné le cheveu encore chaud, on a la tignasse en pétard, la tête complètement ébouriffée.

D'ailleurs, l'expression s'être coiffé avec un oreiller est maintes fois attestée (1). On trouve aussi :

se peigner avec un clou, se peigner avec un râteau, se peigner avec les pieds du réveil (joli non ?).

 

(1) Cf. l'excellent ouvrage de Charles Bernet & Pierre Rézeau : On va le dire comme ça, Editions France Loisirs, 2008

Publié dans métaphore

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