Etre désailé
Etre désailé
JPL nous cite sa "vieille tante, originaire de EU , en Picardie (oui, le maire d'Eu !) et qui qualifiait
quelqu'un qui avait un peu perdu la boussole (1), un peu fou, un peu débile, de "dézélé" (ou "désailé" NDR). Sans doute quelqu'un qui a perdu ses ailes ?".
Mais ne vaut-il pas mieux être désailé ? Car si l'on en croit Baudelaire, métaphorisant le poète, le poète est celui que : "ses ailes de géant empêchent de marcher".
C'est un jeu d'enfant que d'arracher les ailes des mouches, pour voir comment elles se débrouillent sans ailes les mouches désailées. Un peu plus tard, les mêmes, les enculeront, les mouches. Après sans doute, prendront-ils facilement la mouche car qui se sent morveux, qu'il se mouche !
(1) celui qui a perdu la boussole est déboussolé, celui qui a perdu sa boussole est... sans boussole.
Allez, au cas où vous l'auriez oublié (mais n'oubliez pas le lien à gauche pour aller lire un petit poème au hasard, certes il n'y en a pas cent mille millairds comme dans le moindre de chez Queneau, mais tout de même allez donc y voir). ..
Chais un poème, chais une poésie (Prévert)
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Baulelaire Les Fleurs du Mal
JPL nous cite sa "vieille tante, originaire de EU , en Picardie (oui, le maire d'Eu !) et qui qualifiait
quelqu'un qui avait un peu perdu la boussole (1), un peu fou, un peu débile, de "dézélé" (ou "désailé" NDR). Sans doute quelqu'un qui a perdu ses ailes ?".
Mais ne vaut-il pas mieux être désailé ? Car si l'on en croit Baudelaire, métaphorisant le poète, le poète est celui que : "ses ailes de géant empêchent de marcher".
C'est un jeu d'enfant que d'arracher les ailes des mouches, pour voir comment elles se débrouillent sans ailes les mouches désailées. Un peu plus tard, les mêmes, les enculeront, les mouches. Après sans doute, prendront-ils facilement la mouche car qui se sent morveux, qu'il se mouche !
(1) celui qui a perdu la boussole est déboussolé, celui qui a perdu sa boussole est... sans boussole.
Allez, au cas où vous l'auriez oublié (mais n'oubliez pas le lien à gauche pour aller lire un petit poème au hasard, certes il n'y en a pas cent mille millairds comme dans le moindre de chez Queneau, mais tout de même allez donc y voir). ..
Chais un poème, chais une poésie (Prévert)
L'albatros
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipagePrennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Baulelaire Les Fleurs du Mal
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