Avoir un durillon de comptoir
C'est principalement quand on est un pilier de comptoir qu'on "attrape" un durillon de comptoir. Il faut les voir, Bébert ou bien
Jojo, quand en fin de journée, harassés s'ils travaillent, désespérés s'ils sont chômistes, ils posent en se déhanchant leur coude sur le zinc, un pied sur la barre.
Ils viennent de se constituer un observatoire, voire un oratoire d'où ils peuvent voir et interpeller tout ce qui bouge. Bébert aime bien sa place, il n'en change jamais. Parfois Bébert ne lève
même pas son coude du comptoir quand un patron généreux lui verse un petit verre de blanc sans faux-col. Alors il approche amoureusement ses lèvres du breuvage, en tremblant un
peu, et l'on entend alors ce grand sploush cher à Brel. Peut-être devrait-il se faire coudre des ronds de cuir aux coudes pour mieux se protéger. Au deux siècles derniers, on appelait
"rond-de-cuir" l'employé de bureau tel qu'il a été fabuleusement décrit dans La Conjuration des imbéciles de J.-K Toole (1) ou Rhinocéros de Ionesco.
Une mode a même popularisé des vestes à ronds de cuir.
Jean-Marie Gourio a, lui, popularisé les brèves de comptoir, énoncées par tous les Jojo et Bébert de France.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Br%C3%A8ves_de_comptoir
Une mode a même popularisé des vestes à ronds de cuir.
Jean-Marie Gourio a, lui, popularisé les brèves de comptoir, énoncées par tous les Jojo et Bébert de France.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Br%C3%A8ves_de_comptoir
(1)La Conjuration des imbéciles (titre original : A Confederacy of Dunces) est un roman humoristique de John Kennedy Toole, non publié de son vivant. Le titre est une référence à une citation de Jonathan Swift, mise en exergue : « Quand un vrai génie apparaît en ce
bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. »
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