On dirait qu'il avale des noix
On dirait qu'il avale des noix
La stature du père est souvent disproportionnée pour l'oeil qui le regarde. Quand on est petit, on le voit comme un géant, bon ou mauvais génie selon qu'il vous flatte ou vous colle une torgnole au coin de la gueule (je vois François Morel et Yolande et leurs borborygmes stérilisateurs tournés vers l'enfant qu'ils écrasent de leur affectueuse connerie , dans les Deschiens...Je m'y vois comme beaucoup d'autres). Quand on est plus grand on veut s'en débarrasser, de ce père encombrant. On le conchie, on le délaisse, on l'oublie ou on l'arrose de temps en temps, comme une plante qu'on maintient en vie. Mon père, à moi, passait pour un tyran (ce qu'il était). Mon père à moi passait pour un joli coeur (ce qu'il était). Mon père à moi était malheureux. C'est pour ça qu'il faisait chier tout le monde, moi y compris. C'est pour ça qu'il s'enivrait d'autres odeurs. Quand on n'est pas heureux, on fait chier tout le monde, on se fait chier soi-même. Et on s'enivre. Quelles que soient les odeurs.
Mon père, donc. Disait. On dirait qu'il avale des noix. Cela désignait le bruit particulier que fait tout individu qui avale un corps étranger). Le passage dans la gorge. La résonnance de la glotte. Le bruit de la soupe qu'on avale n'est pas que dans les claquements, les clapements de la langue car ce ne sont bruits qu'avant le pharynx et le larynx qui, en opposant une résistance conséquente à l'aliment, même liquide, obligent à la contraction. Vous l'entendez ce bruit ? On dirait que quelqu'un avale des noix. Allez savoir pourquoi, mon père - qui n'était pas un héros - a inventé cette métaphore. Allez savoir pourquoi. J'en parle encore.
La stature du père est souvent disproportionnée pour l'oeil qui le regarde. Quand on est petit, on le voit comme un géant, bon ou mauvais génie selon qu'il vous flatte ou vous colle une torgnole au coin de la gueule (je vois François Morel et Yolande et leurs borborygmes stérilisateurs tournés vers l'enfant qu'ils écrasent de leur affectueuse connerie , dans les Deschiens...Je m'y vois comme beaucoup d'autres). Quand on est plus grand on veut s'en débarrasser, de ce père encombrant. On le conchie, on le délaisse, on l'oublie ou on l'arrose de temps en temps, comme une plante qu'on maintient en vie. Mon père, à moi, passait pour un tyran (ce qu'il était). Mon père à moi passait pour un joli coeur (ce qu'il était). Mon père à moi était malheureux. C'est pour ça qu'il faisait chier tout le monde, moi y compris. C'est pour ça qu'il s'enivrait d'autres odeurs. Quand on n'est pas heureux, on fait chier tout le monde, on se fait chier soi-même. Et on s'enivre. Quelles que soient les odeurs.
Mon père, donc. Disait. On dirait qu'il avale des noix. Cela désignait le bruit particulier que fait tout individu qui avale un corps étranger). Le passage dans la gorge. La résonnance de la glotte. Le bruit de la soupe qu'on avale n'est pas que dans les claquements, les clapements de la langue car ce ne sont bruits qu'avant le pharynx et le larynx qui, en opposant une résistance conséquente à l'aliment, même liquide, obligent à la contraction. Vous l'entendez ce bruit ? On dirait que quelqu'un avale des noix. Allez savoir pourquoi, mon père - qui n'était pas un héros - a inventé cette métaphore. Allez savoir pourquoi. J'en parle encore.
Publicité