Avoir deux mains gauches
Avoir deux mains gauches
Cette métaphore qui signifie "être très très maladroit" rappelle combien le fait d'être gaucher mettait (met encore ?) en position "sociale" difficile. Le gaucher, c'était bien sûr le "maladroit" (mal à droit). En latin, puis vieux français, l'origine senestre (gauche) opposée à dextre (droit) a constitué l'adjectif sinistre dont le sens est clair. Etre gaucher, autrefois, c'était bien être gauche pour les tenants de l'ordre qui voulaient qu'on écrivît à droite. Eh oui, messieurs dames, les tenants de l'ordre pensaient qu'un droitier était dans la bonne attitude alors qu'un gaucher devait être corrigé. Et l'ordre sévissait et paraissait normal aux panurgistes à qui il suffit qu'on leur affirme quelque chose pour qu'ils le croient. C'est ainsi qu'on fit des générations de gauchers contrariés. Ou de gauchers autorisés qui, obligés toutefois d'écrire à la plume, se sont forgés un geste de main tordue pour éviter d'étaler l'encre violette au fur et à mesure qu'ils écrivaient. Mon propre fils aîné a ce geste très reconnaissable. Certains gauchers autorisés ont une manière d'écrire proprement stupéfiante : la ligne s'écrit normalement alors que l'entièreté de leur main se trouve au-dessus de la ligne qui s'écrit. Merci à tous ces prof d'avant 68 qui usaient d'une maladive coercition pour imposer leur propre point de vue à des enfants. Eh, oui, je suis un produit de 68. Je n'aime pas la coercition maladive, ni pour moi, ni pour les autres. Je n'aime pas les interdits bien que j'aime les contraintes et les trouve porteuses de créativité.
Cette métaphore qui signifie "être très très maladroit" rappelle combien le fait d'être gaucher mettait (met encore ?) en position "sociale" difficile. Le gaucher, c'était bien sûr le "maladroit" (mal à droit). En latin, puis vieux français, l'origine senestre (gauche) opposée à dextre (droit) a constitué l'adjectif sinistre dont le sens est clair. Etre gaucher, autrefois, c'était bien être gauche pour les tenants de l'ordre qui voulaient qu'on écrivît à droite. Eh oui, messieurs dames, les tenants de l'ordre pensaient qu'un droitier était dans la bonne attitude alors qu'un gaucher devait être corrigé. Et l'ordre sévissait et paraissait normal aux panurgistes à qui il suffit qu'on leur affirme quelque chose pour qu'ils le croient. C'est ainsi qu'on fit des générations de gauchers contrariés. Ou de gauchers autorisés qui, obligés toutefois d'écrire à la plume, se sont forgés un geste de main tordue pour éviter d'étaler l'encre violette au fur et à mesure qu'ils écrivaient. Mon propre fils aîné a ce geste très reconnaissable. Certains gauchers autorisés ont une manière d'écrire proprement stupéfiante : la ligne s'écrit normalement alors que l'entièreté de leur main se trouve au-dessus de la ligne qui s'écrit. Merci à tous ces prof d'avant 68 qui usaient d'une maladive coercition pour imposer leur propre point de vue à des enfants. Eh, oui, je suis un produit de 68. Je n'aime pas la coercition maladive, ni pour moi, ni pour les autres. Je n'aime pas les interdits bien que j'aime les contraintes et les trouve porteuses de créativité.
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