Se regarder en chiens de faïence

Publié le par Jacques Michaud

 

 

 

Photo : Museum d'Histoire Naturelle de Neuchatel. Ce Musée a produit une exposition illustrant des expressions métaphoriques de la langue française. Il est intéressant de voir se confronter le deuxième degré que représente l'expression prise en métaphore et une illustration au premier degré.

 

Autrefois, on aimait l'ordre binaire et particulièrement la symétrie. C'était la société des couples. Tout allait par deux et ses multiples. L'imparité faisait figure de bizarrerie. L'image du couple était majoritaire.

Sur les cheminées trônaient souvent des objets décoratifs associés par deux. C'est le cas par exemple de chiens en faïence parfois beaux mais souvent laids qui se regardaient librement ou semblaient se voir au travers d'objets qui les séparaient (par exemple quand ils servaient de serre-livres). 

Se regarder en chiens de faïence, c'est se regarder sans se parler, avec animosité ou rancune et tout au moins sous l'emprise d'une lourde charge mentale. Ainsi les couples désunis se regardent-ils en chiens de faïence avant peut-être de se traiter comme des chiens et de se déchirer comme chiens et chats.

 

Jeanne Cherhal Les chiens de faïence :  
 
 
Une fois comme ça
tu serais venu vers moi
t'aurais parlé
très peu mais juste assez
un mot idiot
ça peut quand même tenir chaud
c'est là tout bas
et c'est dit rien que pour toi

Silence on pense
on est des chiens de faïence
les yeux peureux
on a les mêmes mon vieux
tu vas pas bien
et moi je trace mon chemin
t'es là tu doutes
tu reconnais plus la route

Moi qui n'ai jamais rien su faire
je veux te sortir de l'hiver

Un mur c'est dur
à démolir ça c'est sûr
et là tu vois
y a un mur autour de toi
il est discret
mais plus solide que jamais
c'est con le béton
quand ça prend c'est pour de bon

Tu pleures du coeur
t'es enfermé dans ta peur
tu perds tes repères
mais t'es toujours mon père

Moi qui n'ai jamais rien su faire
je veux te sortir de l'hiver

Mais un matin
tu diras je reviens de loin
t'auras retrouvé
le goût de respirer
ton mal enfin
ira crever dans un coin
et en riant
tu marcheras droit devant

Ce matin-là
tu t'approcheras de moi
pour me parler
très peu mais juste assez
des mots très beaux
qui sauront me tenir chaud
dans la lumière
tu seras sorti de l'hiver
dans la lumière
tu seras sorti de l'hiver

Publié dans métaphore

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zulunation 09/09/2010 09:03



Bonjour,


cela faisait un moment ; .... une petite recherche et hop ! voici un bel enregistrement de Jeanne Cherhal "Les Chiens de Faïence" (format de fichier MP3) à écouter librement (et
légalement) sur le Net : http://files.fataldelonuestro.com/Musica/Podcasting/Jordi/00s/11-%20Les%20Chiens%20de%20Fa%c3%a3ence.mp3


Amitiés.



Jacques Michaud 09/09/2010 09:51



Comme ça fait plaisir de retrouver les inconnus qui comptent. Et toujours avec une technicité de la recherche web bien affûtée. Merci


Jacques Michaud