On est pas le cul sorti des ronces

Publié le par Jacques Michaud

Franck W. , un rare et excellent ami dont autre chose que la rareté fait l'excellence bien sûr - toujours faire gaffe aux compliments qui se retournent - m'envoie une photo issue d'une visite au Festival international desx Jardins de Chaumont-sur-Loire.

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Elle illustre une métaphore populaire que Linguapop avait publiée en son temps et dont l'article était quelque peu bâclé. Je me fais donc un plaisir de vous la ressortir en essayant d'être un peu plus performant...

Il semble que l'expression soit typiquement méridionale et d'Oc, en tout cas, en atteste le fait que deux Toulousains me l'ont enseignée fort complaisamment comme issue de leur in situ, hic et nunc, ce qui pour un nonchalant comme moi constitue un début de preuve tangible. En Oïl - et en Touraine notamment-  nous eussions dit "On a pas le cul sorti des ronces ou des orties" (1). Ah, la belle affaire que la langue quand elle sait s'étirer d'un côté et de l'autre, se baguenauder dans maints azimuts et nous donner un plaisir chaque fois renouvelé.  Con !

Typiquement de Touraine est l'expression équivalente : On est pas rendu à Loches...Les Occitans (va la cruche à l'eau !) (oui, je sais !) pourraient l'adapter en "Ah, on n'est pas rendu à Castelsarrazin !" (3).

On est pas sorti de l'auberge dit-on aujourd'hui...alors qu'il est très rare de parler d'auberge de nos jours. Selon quoi (pour changer de comme quoi !) les expressions métaphoriques traversent aisément le temps, mieux même parfois que le lexique commun qui lui, s'appauvrit ou se renouvelle selon qu'on se sent passéiste ou futuriste. Et vous comment ça va ?

Eh ben, on est pas arrivés ou on est pas sortis ou on est pas rendus dit-on plus couramment aujourd'hui, par économie et malveillante neutralité !

 

Notons que parmi les oeuvres jardinesques présentées à Chaumont, un certain Jean-Michel Vilain a mis en végétation de cour à jardin un "vilain petit jardin" qui illustre deux autres expressions ainsi que la culotte du Père et de la Mère Tatezy (ce qui constitue un zeugme, zeugme qui est pouyr moi fondateur de mon goût immodéré de la langue fureteuse). La cabane au fond du jardin est une sorte de cerise sur le gâteau.

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Faut-pas-pousser-Meme-dans-les-orties.JPG Faut-pas-pousser-Meme-dans-les-orties_.jpg

 

 Le vilain petit jardin de Jean-Michel Vilain 

 

Les-culottes-des-Tatezy.JPG  La-cabane-au-fond-du-jaaaaardin.JPG

(1) Toujours rien à battre des censeurs qui voudraient que je mette la négation au bon endroit et que je supprimasse le "s" en présence du on neutre. J'ai gagné le droit de m'en taper le coquillard jusqu'au trognon...

(2) Une chanson méconnue, voire inconnue de Jean Ferrat -Je vous aime- métaphorise la ronce "ce jardin de douce ronce"

(3) Ousque le papa et la maman de Pierre Perret ils avaient leur rade...

 

 

 


Je vous aime Ferrat
envoyé par Brel12. - Regardez d'autres vidéos de musique.

Publié dans métaphore

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