Faire banquette

Publié le par Jacques Michaud

Dans les années 50-60 - et avant bien sûr- , danser ne pouvait être un acte solitaire : il s'agissait d'une affaire de couple, presque exclusivement. C'était avant le jerk, et bien avant l'électro ou la tectonique. A l'époque, on dansait lors de bals (bals populaires, bals parquets, soirées), la plupart du temps au son de l'accordéon. Les garçons seuls ne pouvaient danser que si une fille répondait à leur invitation (sans faire la mijaurée) et les filles seules, elles, ne dansaient que si un garçon les invitait. Comme bien souvent, le garçon seul jouait sa réputation sur ces soirées, les filles moins jolies ou un peu nunuches avaient moins de chances d'être invitées et elles pouvaient passer leur soirée sur les banquettes. J'en ai vu, j'avais de la peine pour elles, mais je jouais moi aussi ma réputation. Et puis j'étais un pezu timide aussi.
L'expression faire banquette est aujourd'hui utilisée - à juste titre - pour les joueurs de foot qui, éternels remplaçants, restent toujours sur le fameux banc des remplaçants.
Par extension, faire banquette signifie ne pas participer parce qu'on n'y est pas invité. La nuance de rejet qui l'accompagne fait penser à la fameuse mise au ban (de mettre au ban), qui issue de bannir, signifie être mis à l'écart, être rejeté, être exclu.

Publié dans métaphore

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