Avoir un rire à caler les roues d'un corbillard

Publié le par Jacques Michaud

Merci à Benn pour cette proposition.

Que voilà une expression étonnante qu'il n'est sans doute pas besoin d'expliquer -encore que !- mais qui résume joliment toute la créativité de la métaphore populaire.  Mettre en opposition deux thèmes antagonistes : le rire et la mort (corbillard). Rire est quasi tabou en présence d'un corbillard. Faire du rire impalpable un objet propre au demeurant à caler, bloquer, arrêter des roues nous envoie sur le chemin du surréalisme avec ce zeste de provocation qui peaufine l'ensemble. Ca tourne rond même si en l'occurrence ça tourne carré. Pour le sens, c'est à rapprocher de l'expression "Avoir une tête à caler les roues d'une charrette" (anonyme) qu'on peut traduire par "avoir une grosse tête". Et on entre dans le cycle infernal de l'alternance sens propre, sens métaphorique ou figuré :

Concrètement, on peut avoir une grosse tête, dite parfois "hydrocéphale" : Maman, c'est vrai que j'ai une grosse tête ? dit Toto à sa mère. Mais non mon chéri, tiens, prends plutôt ton béret et va me chercher cinq kilos de pommes de terre.

Métaphoriquement, avoir la grosse tête c'est "avoir le melon", "avoir les chevilles enflées","ne plus se sentir pisser", bref penser qu'on est le meilleur... 

 Tout ça pour dire que par contiguïté, on a tôt fait de partir sur des sentiers parallèles. On passe ainsi du coq à l'âne. Jouissif non ?

Publié dans métaphore

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fix now 13/12/2013 12:38

Your sharing and writing titled Avoir un rire à caler les roues d'un corbillard is a very interesting and seems humorous at first and meaningful inside. All I can say is that I like the way the author presented the topic and I will come again for more.

zulunation 16/12/2013 15:41

Bonjour,
juste en passant : il semble que bien moins fréquente avec "[avoir un rire] à caler les roues d'un corbillard" cette expression soit plus en usage avec "[avoir une tronche] à caler les roues d'un corbillard" " ou "[avoir une binette] à caler les roues d'un corbillard" (cette dernière forme retrouvée par exemple chez Léo Malet dans son roman "Le cinquième procédé").
Sous cette forme l'expression s'éclaire puisqu'elle signifie très clairement avoir très mauvaise mine (triste, une figure de mort) au point d'en provoquer l'arrêt d'un corbillard pour qu'il en prenne naturellement la charge.

Michaud 14/12/2013 09:24

Thank you for that.
Jacques Michaud (the author)

zulunation 11/07/2012 10:09


Bonjour,


oui je suis toujours lecteur des articles d'ici (malgré le fait que l'alerte par mail de la mise en ligne d'un nouvel article ne fonctionne que de façon très très très épisodique ...!)
MAIS je n'ai strictement aucune idée ni piste d'exploration pour cette expression que je découvre aujourd'hui ; j'en suis navré.

Jacques Michaud 12/07/2012 09:54



Bien entendu mon appel visait bien Zulunation au premier chef. J'avais indiqué à la personne qui m'a fourni l'expression que vous étiez susceptible de trouver des pistes...On va
continuer à chercher.


J'ai tout de suite pensé à un rapport à la marionnette mais ce n'est pas avéré. A suivre donc.


Bien content en tout cas de vous retrouver en ligne. J'en conviens, je cherche un deuxième souffle pour ce blog.


Jacques Michaud