Pendre quelqu'un à un croc de boucher

Publié le par Jacques Michaud

Si cette expression semble avoir été remise au goût du jour par un certain Nicolas Sarkozy, selon les informations données par le Canard Enchaîné depuis belle lurette et rappelées cette semaine à propos du fameux procès Clearstream (1), elle existe depuis longtemps. Et je l'ai bien souvent entendue à défaut de l'avoir utilisée car je ne suis nullement vindicatif. Autrefois, pendre quelqu'un (vivant bien sûr) à un croc de boucher pouvait représenter le summum de la violence du bourreau (en l'occurrence un tortionnaire) et le summum de la souffrance de la victime. Dans le contexte du procès qui vient de s'ouvrir, l'aspect métaphorique de l'expression est renforcé car évidemment toute violence physique même la plus minime à l'égard des prévenus est rigoureusement exclue. L'expression garde toutefois un fort relent de vengeance. C'est sans doute ce qui en restera de plus prégnant.

(1) Clearstream Sarko a promis de pendre Villepin à un croc de boucher.
C'est règlement de comptes à OK Charal !
Le Canard Enchaîné, n°4639, 23/09/09

Post-scriptum
Le Nouvel Observateur, n°2341, du 17-09-09 publie ce dessin de Wiaz
        

Publié dans métaphore

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Almaterra 04/10/2009 07:56


De deux choses l'une, soit le croc de l'expression correspond à la canine de ce carnassier de boucher auquel cas les dents longues des deux protagonistes sont démontrées, soit il s'agit bien des
esses au dessus de la planche à couper et je conseillerai au responsable de cette citation de ne pas oublier de se munir d'un escabeau.


Jacques Michaud 04/10/2009 10:53


L'un avait les dents longues, des dents qui rayaient le parquet, l'autre les a encore et n'aura sans doute jamais, comme l'ancien président (Mitterrand) le loisir de se les faire limer.