Casser le thermomètre

Publié le par Jacques Michaud

Périodiquement, pour rendre certains chiffres moins inacceptables, les décideurs politiques font évoluer l'instrument de mesure. On change la règle pour aller dans un sens plus favorable et pour ne pas effaroucher les veaux ( c'est ainsi que De Gaulle désignait les Français : suivistes, toujours du côté du manche et la plupart du temps de l'avis de celui qui vient de parler). Dès lors qu'on change le mode de calcul si peu soit-ce (!!!) par exemple des statistiques du chômdu, volontairement on casse le thermomètre. Je te compte pas ceci, tu m'enlèves ça, j'applique un coefficient efficient et je retiens deux; même si personne n'est dupe, comme on dit : plus c'est gros, plus ça passe !
Un de mes frères, lui, avait mis au point une méthode plus douce pour fausser les chiffres quand ça l'arrangeait : quand il ne voulait pas aller à l'école, il n'hésitait pas à mettre le thermomètre sur le radiateur pendant que notre mère avait le dos tourné. Evidemment, tout est affaire de mesure, si je puis dire...il valait mieux ne pas porter la surchauffe à 41°C ! C'est ce qu'il a fait un jour, malgré tout. Nul n'est parfait et c'est ainsi que fut découvert le pot-aux-roses ( le poteau rose comme l'écrivait un de mes neveux qui avait pu développer le sens exact de la métaphore sur un autre objet. On ne saurait l'accabler car au fond connaît-on plus le sens du pot avec ses roses que de ce poteau-ci ?

Quand on lit toutes les supputations que ce pot-là suscite, par exemple à
http://www.linternaute.com/expression/langue-francaise/37/decouvrir-le-pot-aux-roses/
on se félicite d'être un chroniqueur plus qu'un philologue...

C'est drôle, une expression bizarre s'est construite à mon ingré* : Casser le thermomètre avec l'eau du bain...

*à mon ingré = sans que je le sache (Petit Michaud édition 2012)

Publié dans métaphore

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