La fée aux yeux verts

Publié le par Jacques Michaud

Très poétique métaphore, la fée aux yeux verts désignait l'absinthe, cette boisson "dont la nocivité passait popur stimuler l'inspiration des artistes maudits, reste indissociable de la misère qui régnait dans les cabarets des bas quartiers de Paris à la Belle Epoque "(1). Vous pouvez voir dans l'article qui suit (le jeu du kwakadikwakafé) une cuiller à absinthe. Gérard Boutet (2) dans son dictionnaire encyclopédique "La France en héritage" décrit l'usage de cette cuiller : "la prise de l'absinthe comportait une manière de cérémonial. Le consommateur versait une dose de liqueur pure dans un verre de forme conique; il posait une cuiller plate et percée sur le verre, puis y mettait un carré de sucre qu'il arrosait d'eau, elntement. Quand le sucré était fondu, il ne restait plus qu'à déguster le doux poison. Une "mominette" était une faible dose d'absinthe. Vilipendée par les viticulteurs du Midi, alors victimes d'une grave mévente, cette boisson fut prohibée le 16 mai 1915, à la suite de faits divers sanglants imputés à l'absinthisme".
Gaston Couté, ce poète libertaire que sur ces rives de Loire nous vénérons encore en abusa lui aussi. Il mourut à 31 ans de ça et d'autre chose.


Édouard Manet, 1856
huile sur toile
180,5 × 105,6 cm
Ny Carlsberg Glyptotek

Le Buveur d'absinthe est un tableau réalisé par le peintre Édouard Manet en 1856.




(1) Gérard Boutet, in La France en héritage, Perrin
(2) Gérard Boutet, illustrateur, écrivain, encyclopédiste est
originaire de Josnes (Loir-et-Cher), à une lieue de Beaugency

Publié dans métaphore

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patsy 13/10/2008 21:02

J aime baucoup cette cuillère à absinthe, j'en possède une, héritée de ma grand mère ( la bonne ), ton article et le précédent m'ont renvoyée à elle; et aussi à ma mère, qui quand nous demandions ce que l'on allait manger, répondait " des clopinettes", ce à quoi, tout sourires, nous répondions " c'est quoi des clopinettes?", là ma mère prenait un air de conspirateur et chuchottait " de la merde entre deux assiettes". Des années de jeu plus tard, elle a ajouté " et vous savez avec quoi on les mange les clopinettes?"; devant nos mines ébahies, elle nous a déclaré " avec des triplettes", ajoutant " vous ne savez pas ce que c'est des triplettes?"; brisant cet insoutenable tension, elle eu cette affirmation péremptoire et définitive " ça sert à manger les clopinettes". J'adore ma mère et cette grand mère,  cette cuillère à absinthe, de l'une, donnée par l'autre, est devenue pour moi, cette triplette.

Jacques Michaud 14/10/2008 08:01


C'est tellement joli, cette histoire qu'on va la mettre en devanture