(Se) Manger le trottoir

Publié le par Jacques Michaud

Sachant qu'un trottoir est l'endroit où l'on "trotte" (cf. trotte-menu), difficile de le manger au sens propre (surtout que la plupart du temps il est dégueulasse)...On est donc dans un usage métaphorique de cette expression. Ce qu'elle a d'amusant, c'est que selon le terme qu'on métaphorise (manger ou trottoir) elle prend un sens différent. Dans la vie courante, manger le trottoir peut signifier tomber par terre, plutôt la tête la première. L'image mentale se forme facilement. L'utilisation d'une telle expression pour une chute qui aurait pu être grave introduit une note d'humour qui la dédramatise immédiatement. Ajouter un pronom réfléchi (me, te, se) renforce le trait humoristique : Je me suis mangé le trottoir ! On pourra même en rajouter parfois : Tu verrais comment je te me suis mangé le trottoir !

Un autre acception métaphorique du trottoir concerne la pâtisserie. C'est ainsi qu'on appelle dans le langage populaire la bordure de pâte de tartes, galettes, gâteaux. C'est l'endroit où il n'y a pas de garniture de crème, de fruit, etc. Certaines personnes ne mangent pas le trottoir et donc laissent la bordure dans leur assiette. Le mot trottoir est ici compris comme bordure d'aspect différent (comme le trottoir en pavé de la rue goudronnée).

Autres usages :

Faire le trottoir, moins utilisé aujourd'hui, signifie (bien sûr) se prostituer.

Janvier dernier. Une belle galette de chez Lemercier à Beaugency (45). On peut même manger le trottoir

Janvier dernier. Une belle galette de chez Lemercier à Beaugency (45). On peut même manger le trottoir

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